Parfois, une reflexion en apparence anodine peut se révéler beaucoup plus pertinente qu’on ne le pensait de prime abord. C’est ce qui s’est produit cette semaine au cinéma. Lors de la traditionnelle attente d’avant-film, un ami feuilletait le magazine gratuit distribué à l’entrée, pendant que j’attaquais mes pop-corns à 4,30€TTC. Là, alors que ma langue luttait difficilement afin de retirer l’éternel bout de maïs soufflé coincé entre la gencive et la dent, cet ami me lance : « Tiens, j’ai l’impression que c’est la mode ce genre d’affiche ».

Je jette un oeil et qu’aperçois-je ?

L’affiche du film L’Ange du mal. Nous y voyons un homme armé, marchant face « caméra », le regard porté sur sa gauche. Derrière lui, une belle femme et en toile de fond, la ville, sinistre, obscure.

Mais comme le disait cet ami, cela sonne comme du déja-vu. Alors bien sûr, journalisme d’investigation oblige, j’ai fouillé.

En 2006, Casino Royale signe le renouveau de la franchise James Bond, symbolisé par l’arrivée de Daniel Craig en tant qu’agent secret au service du pays du pudding. D’un point de vue de la construction, l’affiche est à peu de choses près la même et l’on pourrait presque copier/coller la description de l’affiche précédente.

Mais on ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Journalisme d’investigation vous dis-je.

2007 : Je suis une légende – On retrouve presque tous les éléments. Presque, car la femme a laissé place au chien. D’ailleurs, que doit-on comprendre à ce changement ? La femme est-elle aussi (in)utile qu’un animal de compagnie ? Ou le chien est-il la fe… Je vous laisse poursuivre la réflexion.

2008 : Quantum of Solace – Craig nous ressort la même rengaine pour son deuxième épisode en tant que Mr Bond. Toutefois, grosse initiative de la part du créatif : la femme a changé de côté.

2010 : Largo Winch II – Notre Tomer Sisley national reprend du service dans une grosse production en compagnie de Sharon Stone. Costard, pistolet, regard sur sa gauche, il ne manque que la femme. Mais Largo Winch ne s’embête pas avec la gente féminine, Largo Winch préfère brûler des villages. On respecte.

Alors, nous sommes en droit de nous demander : qui a commencé ? Est-ce du plagiat ? Difficile de donner une réponse à ses questions. D’ailleurs si ce schéma n’est pas très innovant, ce genre de films n’est pas non plus le seul à subir ce phénomène de similitudes. Topito s’est même amusé à classer les affiches de cinéma ayant « quelques » points communs.

Toujours est-il qu’à défaut de nous offrir des affiches visuellement originales, cela nous permet au moins d’identifier plus facilement le type du film : celui d’un Homme seul, qui devra lutter contre tous, dans un environnement hostile. Malheureusement pour nous, cela ne donne aucun indice sur la qualité du film…

En rab, une fournée d’autres affiches sur le même principe.